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Concours International de Piano |
Résultats du Concours 2003 |
Milosz Magin, sa biographie, son oeuvre... |
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INTERVIEWS de Milosz MAGIN
Deux de mes plus grandes admirations vont à Chopin et à Ravel - nous précise Milosz Magin - et cela, pas seulement parce que je suis pianiste et que jadmire leur écriture pianistique, mais parce quils sont parmi les très rares compositeurs qui nont pas écrit une mesure inutile. Et puis il y a chez eux, un équilibre extraordinaire entre linspiration et la forme. Cest là un remarquable exemple, et cest un équilibre de ce genre que je cherche dans mes propres compositions.
- Vous croyez donc à linspiration ?
- Bien contrairement à ce que lon pourrait croire à notre époque, linspiration existe. En ce qui me concerne, elle ne consiste nullement dans linvasion dun délire créateur subit, irrésistible et extra-lucide... Mais cest un état spécial, un état favorable qui se déclare à certains moments où les idées se présentent avec clarté, puis se développent et progressent lentement mais avec une sorte de certitude. Je pense dailleurs quil doit en être ainsi pour tous les compositeurs. Autant il mest impossible de composer volontairement, par force, contre ma volonté intérieure, autant je sens que cet état spécial mest nécéssaire pour faire du bon travail. Cest cela que jappelle linspiration.
- Je suppose que votre formation dans un pays de lEst a été abondamment nourrie de folklore ?
- Oui, et jai même composé des oeuvres, les unes purement instrumentales, les autres chorégraphiques, qui sont volontairement et étroitement rattachées au folklore. Cela ne mest pas tellement particulier ; cest normal pour quelquun qui appartient à un pays dont le folklore est aussi riche que celui de la Pologne. Mais là ne se bornent pas mes ambitions : la plupart des compositions qui ont pour moi le plus dimportance et de signification personnelle, ce sont des oeuvres non folkloriques. Sans doute, une saveur de terroir plus ou moins perceptible sy fait-elle sentir de temps à autre, parfois involontairement comme un simple accent de pays, parfois volontairement par une recherche de lignes mélodiques et de combinaisons rythmiques apparentées à la musique populaire polonaise, une sorte de folklore imaginaire. Dans ce cas, je ne me contente pas de transcrire des chants ou des danses de mon pays, mais je recherche des intonations mélodiques et des raffinements rythmiques dont le climat est celui de ma musique natale.
- Comment avez-vous résolu les problèmes de langage à une époque où le langage musical subit une si profonde mutation ?
- Ce ne sont pas tellement des problèmes pour moi, car je men remets principalement à mon instinct. Je connais, bien sûr, les techniques les plus modernes et les tendances de lavant-garde ( qui ont dailleurs été très avancées dans mon pays natal ). Jai travaillé le dodécaphonisme sériel dont jai parfois utilisé les principes. Je suis également au courant de lextension actuelle de lemploi de certains instruments ( par exemple percussion sur la caisse des instruments à cordes ) et il marrive den faire usage. Mais dans tout cela, il ny a rien pour moi dobligatoire ni de systématique. Mon instinct me porte dailleurs vers une musique tonale, non traditionnelle, qui peut sélargir vers la polytonalité, voire latonalité, mais une sorte de conscience tonale demeure au fond de mon caractère. Dailleurs jaime les recherches harmoniques raffinées...
- Oui, et à cet égard, le climat général de votre musique me semble généralement plus proche de Ravel que de Bartok. Autre chose: vous ne parlez que de musique instrumentale. Êtes-vous allergique à la musique vocale ? Navez-vous jamais eu envie décrire des mélodies ou la tentation de vous lancer dans un opéra ?
- Je ne sais pas si cest de lallergie, mais je ne me sens pas très à mon aise avec un texte. Jai limpression den être prisonnier. Cest pourquoi je nai jamais songé à composer un opéra. Il me semble quun texte enlève de la liberté. Mais, par contre, jimagine très bien léventualité de composer pour la voix considérée comme un instrument, dans une vocalise par exemple. Dailleurs, jenvisage la composition dun concerto dont le soliste serait une voix, mais sans texte.
- Si lopéra ne vous attire pas, vous nêtes pas rebelle à la scène par principe, au spectacle musical ?...
- Non ! Jaime le ballet. Le ballet laisse au compositeur toute sa liberté dinvention musicale.
- Le besoin de composer remonte-t-il, comme celui de jouer du piano, à votre enfance ?
- Jai composé très jeune, autant par un réflexe naturel que parce que japprenais à écrire la musique comme on apprend à parler. Il y a longtemps que je me considère comme un compositeur, mais il est évident que cest surtout depuis lannée 1963 que la composition a pris une grande place dans ma vie : à cette époque, jai eu un accident dauto qui a momentanément arrêté mon activité pianistique et je me suis mis à composer beaucoup, à réfléchir beaucoup à la composition...
- Vous voulez dire que vous avez réfléchi à la musique dans ses rapports avec lhomme ?
- Oui, si vous voulez...
- Et quel est le rapport que vous établissez ?
- La musique est pour moi un art dexpression subjective... un art dexpression humaine et personnelle...
- Mais vous avez parlé tout à lheure de votre culte de la forme ?...
- Oui, bien sûr ! Et tout le problème, le seul problème, cest justement léquilibre entre la forme et lexpression personnelle. Pas la forme pour elle-même... Cela cest du néo-classicisme et de lart abstrait... Mais la forme de la pensée, la forme particulière convenant à chaque expression particulière... La forme idéale... Cela cest pour moi... lidéal du compositeur ! Vous voyez que je suis tout de même très ambitieux !...
LES DEUX VISAGES DE MILOSZ MAGIN À PLEYEL :
LE PIANISTE ET LE COMPOSITEUR
" Quand javais seize ans, une voyante de Varsovie ma prédit une brillante carrière musicale, précisant que je serai un chef de file.", ma dit en plaisantant le pianiste polonais Milosz Magin, qui donne demain soir un récital, Salle Pleyel.
" Cette prédiction ma probablement influencé à une époque où jhésitais entre la musique, la peinture et une carrière dingénieur en aéronautique. Mais le plus curieux est que de nombreuses années plus tard, en Allemagne, un astrologue ma déclaré la même chose : vous serez un chef de file important dans le dernier quart de ce siècle. Et cet homme ma dit aussi : vous avez le bras gauche cassé. Comme je protestais, il ajouta : je me trompe, en effet, vous allez vous le casser très prochainement et ceci influencera toute votre carrière. Je nai jamais cru en ce genre de prédiction. Mais trois mois après, dans un terrible accident de voiture, je me fracturais doublement le bras, et le gauche, en effet. Pendant trois ans, étant dans limpossibilité de jouer du piano, jai composé des pièces pour piano et des oeuvres symphoniques. Et maintenant cest vrai, je me tourne de plus en plus vers la composition !"
Et cest pourquoi vendredi soir, nous découvrirons la Sonate pour piano de Milosz Magin interprétée par lauteur. " Une oeuvre si difficile techniquement que les éditeurs ont hésité à la faire imprimer, pensant que personne ne pourra la jouer !". Mais finalement, la Sonate a été éditée avec dautres compositions de Milosz Magin, et même enregistrée par lauteur dans un disque consacré à ses oeuvres.
" Je viens de terminer un concerto * pour violon et orchestre de caractère national polonais, dont je suis particulièrement content et qui sera probablement créé par Jean- Jacques Kantorow". Jai toujours préféré mes compositions pour orchestre ( Symphonie pour cordes, Musique des morts, Stabat Mater ) et mes trois concertos pour piano et orchestre à mes simples compositions pour le piano. Mon style ? Sûrement pas davant - garde ! Je ne suis pas interessé par la pure recherche sonore. Non, ma musique fait la part égale à la mélodie, au rythme et à lharmonie. Je nappartiens à aucune école, jécris sans complexe ce qui me plait, tonal ou atonal ! Mes compositions ont dailleurs remporté un grand succès cet automne en Pologne et les jeunes mont réclamé les partitions. On me situe parfois entre Bartok et Ravel, mais jespère plutôt devenir, comme on me la prédit, chef de file !"
Car Milosz Magin, qui vit en exil à Paris depuis très longtemps, est retourné dans son pays natal lannée dernière pour la première fois depuis dix - sept ans. Et son succès comme compositeur fut égal à son succès comme interprète de Chopin.
" Pour moi, il était très important de connaître la réaction des Polonais face à mes interprétations, que lon dit révolutionnaires, de loeuvre de Chopin. Et je suis pleinement rassuré. Dailleurs jai retrouvé récemment une première édition, corrigée par Chopin lui - même, qui justifie les mouvements et les nuances que jadopte pour son oeuvre, contraires parfois aux indications de certaines éditions modernes."
Interprétations personnelles que lon pourra également juger vendredi soir, puisque la première partie de son récital est consacrée à son compatriote.
" Pour le moment je nai pas à ma plaindre. Jai retrouvé un livre de comptes de léditeur de Chopin qui montre quil ne vendait pas plus de vingt - cinq exemplaires de ses oeuvres par an. Jai plus de chance que lui, puisque lannée dernière jai vendu 250 exemplaires de mes Images denfants ! conclut en riant le virtuose polonais.
* (Le concerto pour violon a été créé par Gérard Poulet, le 19 mars 1982 à Cannes)
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Pianiste et pédagogue, Milosz Magin a voulu que la musique polonaise prenne la place qui lui revient de droit dans le patrimoine musical européen. Miser plus particulièrement sur la musique contemporaine de compositeurs dont une partie est pratiquement inconnue en France, tenait du pari, tout comme le Concours lui - même. Pari difficile mais pari gagné !
Le 1 er Concours International de Piano Milosz Magin
ENTRETIEN AVEC SON FONDATEUR
Ce Concours nest pas simplement une manifestation pianistique de plus qui vient sajouter à une vie musicale déjà très riche à Paris. Cest en quelque sorte un anneau manquant dans le réseau des concours internationaux. Par son haut niveau musical, ses critères de sélection et son ouverture vers la création et le répertoire contemporains, il sest placé dès sa création parmi les évènements musicaux les plus intéressants à Paris.
- Milosz Magin, vous êtes à la fois pianiste, compositeur et pédagogue. Laquelle de ces activités vous tient le plus à coeur ?
- Je répondrai sans hésitation : la composition. Cest un choix et aussi le hasard. Mon accident de voiture en 1963 où jai eu le bras gauche fracturé, ma empêché de jouer pendant 4 ans. Durant cette période, je me suis consacré presque entièrement à la composition et depuis, je nai plus cessé décrire pour le piano. Evidemment, jai fait des études de composition, entre autres avec Maklakiewicz ; jai composé déjà bien avant cet accident mais dune manière moins intense. Maklakiewicz dailleurs était mon père spirituel : cétait lui qui ma fait découvrir ma personnalité musicale. Je suis compositeur grâce à lui.
- Votre travail de pédagogue, est - ce une vocation récente ou avez - vous eu toujours le désir de transmettre aux autres votre savoir ?
- lenseignement du piano est venu tout naturellement lorsque jai cessé de parcourir le monde entier pour mes concerts. Cest un travail très passionnant qui oblige tout le temps à se remettre en question, à se renouveler.
- Comment est née lidée du Concours ? Quel était lobjectif de cette manifestation qui sest inscrite désormais définitivement dans la vie musicale parisienne ?
- Jai toujours essayé, aussi bien au cours de mes tournées à travers le monde que dans mon travail pédagogique, de promouvoir la musique polonaise. Cest cela, entre autres, lobjectif principal de ce concours. Il y a bien sûr dautres objectifs : faire connaître des jeunes pianistes, les encourager à poursuivre leurs études et leur carrière, enfin leur donner la chance et les possibilités de se produire en public et denregistrer pour la radio, la télévision et pour les maisons de disques. Lidée du Concours vient dun de mes élèves qui est directeur du Conservatoire de Royan. Il a voulu dabord créer une manifestation consacrée uniquement à ma musique. Lorsquil men a parlé, jai saisi cette idée comme une excellente occasion de faire connaître les compositeurs polonais du XIXe et XXe siècles qui restent toujours peu connus en France. Je pense à J.Zarebski qui était lélève préféré de Liszt, à I.Paderewski qui nest pas assez joué, ou encore à Brzezinski.
- Comment jugez - vous la réception et laudience du Concours ?
- Cétait dabord un succès de la musique polonaise. Parmi les oeuvres proposées au programme du Concours, celles de Zarebski, de Szymanowski, de Bacewicz, de Szeligowski, de Malawski ont été choisies le plus souvent par les candidats. Quant au Concours lui - même, on ne sattendait pas à une si grande audience et surtout à des candidatures si nombreuses. Je pensais que nous nous lancions dans une entreprise extrêmement difficile, voire impossible, et que ce serait un tout petit Concours. La réalité a dépassé toutes nos attentes. Nous avions une soixantaine de candidats et la sélection a été très serrée.
- Quel est le profil des candidats et quels sont les critères de sélection ?
- Nous navons pas voulu créer dès le départ de limites dâge. Le critère principal, cest le niveau technique et musical des candidats. Nous les avons répartis selon leur niveau et leurs capacités, en 3 degrés, en permettant ainsi aux plus jeunes de se présenter dans un programme adapté à leurs possibilités. Avec ces 3 degrés, nous avons pu admettre un plus grand nombre de participants de tous âges. Le programme du degré élémentaire ne signifiait pourtant pas la facilité; il comportait entre autres une Polonaise de Chopin, des Buccoliques de Lutoslawski et mes Miniatures. Au programme du degré supérieur, il y avait dabord les trois valses les plus difficiles de Chopin et ensuite toute une série de compositeurs : Malawski, Szeligowski, Moszumanska - Nazar, Twardowski etc.., enfin une de mes compositions, la Sonatine. Le degré concertiste comprenait les oeuvres les plus difficiles dont certaines compositions de G.Bacewicz ou de Lutoslawski. La lauréate du degré élémentaire était une petite fille de 8 ans, Céline Beaufrère, qui est venue de Cherbourg. Elle présente une musicalité rare, une grande spontanéité et une sensibilité hors du commun.Dans lensemble, plusieurs nationalités ont été représentées : il y a eu des Polonais, des Français, des Anglais, un Chilien, des Hongrois, des Yougoslaves, etc... Lâge des candidats variait entre 6 et 30 ans. La moyenne dâge était de 20 ans.
Les principaux critères de sélection des lauréats ont été : la maturité musicale, la préparation technique. Les trois épreuves finales du degré concertiste comportaient des oeuvres extrêmement difficiles qui permettaient de juger le niveau des candidats. Quant aux récompenses, le 1 er Prix représentait 10 000 F. Nous avons également offert aux lauréats une tournée en Pologne, un récital à la Salle Gaveau, des enregistrements de disques.
-Comment se dessine lavenir des lauréats du Concours ? Seront - ils tous des pianistes professionnels ?
- Je suis persuadé quau moins les 4 lauréats du degré concertiste vont bientôt percer et quon les entendra souvent dans les salles de concert. Ronan Magill, le 1 er Prix du Concours, a déjà fait des enregistrements pour la télévision; il a dans ses projets quelques concerts : le 16 octobre prochain un récital à la Salle Gaveau à Paris, des récitals dans dautres villes de France et une grande tournée en Pologne. Il va également enregistrer des disques. Frédéric Haulet a donné en avril dernier un concert à lInstitut Polonais de Paris. Jespère que tous nos lauréats poursuivront une carrière de pianiste professionnel. Cest ce que je leur souhaite de tout coeur.
- Quelles sont les perspectives du Concours ?
- Le prochain Concours aura lieu dans 2 ans. Nous avons déjà reçu beaucoup de demandes de participation. Je ne pense pas, du moins pour linstant, que nous allons introduire de numerus clausus, par contre nous allons maintenir un niveau très élevé et une sélection très stricte et très sévère. Nous essaierons davoir des prix plus importants et enfin, compte tenu du nombre de candidats et surtout de limpact du Concours dans le public, des salles plus grandes pour les concerts finaux. Pour les épreuves éliminatoires, nous allons certainement rester à lInstitut Polonais où nous pouvons disposer de la salle dans la journée.
- Vos propres projets dans lavenir le plus proche...
- Jai le projet dune édition de toutes les oeuvres que jai écrites jusquà présent. Mais avant, tout prochainement, je vais éditer deux de mes dernières compositions : une oeuvre pour deux pianos, Divertimento de caractère très polonais et le 2 ème Concerto pour piano. Il y a aussi des projets denregistrement sur disques de certaines de mes oeuvres concertantes par des artistes français et polonais. Je donne également des cours dinterprétation à la fin du mois de juin 1985 à lAmphithéatre Richelieu dans le cadre des Journées Polonaises - la musique polonaise de Chopin à nos jours - organisées par lUniversité de Paris - Sorbonne.
LA PASSION SELON MILOSZ MAGIN. Propos recueillis par Anne Rodet - Spectacle Infos (septembre 1990)
Pianiste célèbre, Milosz Magin est aussi compositeur.
Qui savait cependant quil était adepte dautres disciplines artistiques ?
" Jai effectué toutes mes études à Varsovie. Et très vite, dès lâge de 16 ans, jai commencé à composer, dune manière dabord très romantique avant que je me découvre moi - même. Le concours Marguerite Long a facilité ma carrière en France, jusquà ce quun accident de voiture, en 1963, ninterrompe ma carrière pendant quatre ans. Jai alors beaucoup composé. La maturité venant, mes compositions pour orchestre ont pris de lassurance. Jen suis actuellement dailleurs à écrire une deuxième symphonie pour cordes et un concerto pour clarinette.
Le Concours Milosz Magin
Le concours que jai fondé a lieu tous les deux ans. Au programme : des pages de Chopin, Paderewski, Szymanowski, Zarebski, plus des compositeurs au choix. Les candidats viennent de tous les pays, mais ils sont surtout français et polonais. Le concours a lieu à Paris. La prochaine édition se déroulera du 8 au 14 mars 1991. Les épreuves auront lieu à lInstitut Polonais, le concert des lauréats, Salle Gaveau. Il ny a pas de limite dâge.
Le créateur
Je vous ai dit comment était venue la maturité. Aujourdhui, en tant que compositeur, je me considère comme un romantique qui écrit avec le langage de notre époque. Lharmonie, la mélodie et le rythme sont les éléments constitutifs de ma musique. Jai écrit une seule oeuvre dodécaphonique ( avec une double fugue en plus ! ) : cétait un quatuor, composé pour obtenir mon diplôme à Varsovie. Mais je ne désire pas lentendre !Ensuite, jai composé trois concertos et un concertino pour piano, un concerto pour violon, un autre pour violoncelle, des symphonies, des ballets, un Stabat Mater, des pièces pour piano et les oeuvres que je vous ai citées tout à lheure. Les oeuvres que jestime les plus réussies sont celles destinées aux cordes; peut - être est - ce dû au fait que jai étudié le violoncelle. Mais je connais aussi la flûte, le cor, etc.
En réalité, et je vais vous surprendre, mais ma passion... cest la peinture.
Jusquà un passé récent, jallais plus souvent dans les galeries quau concert. Mais jai aussi appris la danse... En fait, créer et vivre cest la même chose.
Les jeunes artistes ? Ce quil faut, cest guetter ceux qui ont quelque chose en plus à dire. Jen connais peu, mais je pourrais vous citer par exemple le nom de Jean - Marc Luisada."
F.Marly ( La République - 26 août 1996 )
Liée à lâme polonaise, la musique de Chopin hérite de Bach, Mozart, Couperin, autant de Bellini, Rossini ou Cimarosa, accentuant son goût naturel pour le cantabile : " Cette musique ne se joue pas, elle se chante ", résumera Milosz Magin, par ailleurs auteur de brillantes pièces pour piano, concertos et oeuvres symphoniques. " Jai le sentiment lorsque je compose, dêtre conduit par une force majeure. Lorsque je joue ces oeuvres, un fluide émane du public. Je suis alors rassuré."
A lissu du concert, épuisé, Milosz Magin sest prêté avec grâce, dans la salle du presbytère, au jeu des mondanités : " Jouer durant vingt minutes à un tel niveau de concentration équivaut sans peine à la réalisation dune journée de huit heures pour un travailleur. Imaginez ce que représente un récital de deux heures.", confia - til. Et dajouter, à ladresse de Frédéric Chopin : " Cest un amour de longue date, aussi épuisant que lon puisse imaginer, car il faut tout donner."
Daniel Magne ( 1983 )
Il est des gens qui portent presque "physiologiquement" en eux un milieu particulier dans lequel ils évoluent avec un naturel qui semble héréditaire, et qui leur est est aussi nécéssaire que la nourriture de chaque jour : les marins, les montagnards, les hommes de chevaux, sont des exemples de cette catégorie.
Il en est ainsi de Milosz Magin qui ne "respire" que pour la musique, à tel point que lorsquil vous entreprend de son sujet, il ny a plus moyen de larrêter.
Ce sympathique défaut est surtout révélateur dune personnalité qui "brûle" sans cesse de sexprimer par sa musique, sans concession, ni compromis aux modes ou à la carrière.
Les oeuvres de Milosz ont de vraies racines, fondamentales, presque primitives. Laisance et la virtuosité du style ne peuvent cacher les sources culturelles : la Pologne et son folklore, un impressionisme rustique des images denfance, un chant vibrant pour une terre et un pays.
Milosz Magin est marié ; il a connu sa femme vers 18 ans, dans une école de ballet en Pologne. Elle est aussi pianiste, a fait ses études de beaux-arts, de peinture, et enseigne actuellement au Conservatoire de Suresnes.
Une de leurs filles est chanteuse lyrique, après avoir été danseuse classique professionnelle (Prix de Lausanne).
Lautre a fait des études de langues en Sorbonne, et ne vit plus aujourdhui que pour ses chevaux et les concours hippiques.
Milosz Magin reçoit des élèves du monde entier et donne des cours à lUMIP.
Il avoue quelques loisirs et goûts particuliers :
- Collection de pierres précieuses (dans la limite de ses moyens !).- Il est sensible aux "belles femmes brunes", selon son expression, (quil ne collectionne pas précise-t-il !).
- Il aime le cinéma, surtout les films policiers.
Quand on sait quil fut vers 18 ans, pendant une année, le partenaire du magicien Balsamo, on nest plus étonné de son talent à séduire un auditoire et à lemporter dans le rêve.
A la question : " Quelle est la qualité que vous appréciez le plus chez les gens ? ". Il répond : "Avoir du coeur"
...Il avait confié quelques jours auparavant, à propos de la Polynésie : " On ne peut pas mourir sans être venu ici ".
S.F. ( La Dépêche - 6 mars 1999 )
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